Des étudiants africains secourus en Ukraine

Des étudiants africains secourus en Ukraine

La Russie a décidé d’envahir l’Ukraine le 24 février 2022, déclenchant une cascade de tragédies et de souffrances pour ses citoyens. Cela a également engendré beaucoup de peur et d’incertitude au sein de l’UE dans son ensemble, de nombreux dirigeants se demandant si leur pays pourrait, lui aussi, faire face à la tyrannie russe.
Ce billet s’intéresse toutefois aux étudiants africains restés bloqués en Ukraine, qui ont choisi de tirer parti de la puissance des réseaux sociaux.

L’Ukraine est une destination prisée par les étudiants africains qui souhaitent poursuivre leurs études. On estime qu’ils représentaient près d’un quart des 76 000 étudiants étrangers au début de 2022. Si beaucoup ont pu fuir, certains ont choisi de rester pour aider d’autres personnes à partir — peut-être par un sens intérieur du devoir envers leur prochain.

Tolulope Osho, 31 ans, a atteint la frontière polonaise un jour après l’invasion russe de l’Ukraine, mais il a courageusement décidé de revenir pour aider les autres.
« J’ai des amis. Si, en laissant mes effets personnels, je peux sauver plus de vies, alors je le ferai. La vie est plus importante. »
D’autres âmes courageuses comme Osho, originaire du Nigeria, ont décidé d’abriter des personnes dans des bunkers souterrains et de les conduire jusqu’aux frontières.
Lui et un ami ont aidé plus de 200 personnes et ont couvert le coût de leurs billets ainsi que d’autres besoins grâce à des collectes de fonds.

Un point commun dans ces situations est que beaucoup s’appuient sur des plateformes comme Instagram, Facebook et Twitter pour sensibiliser et mobiliser du soutien.
Axel, 20 ans, étudiant en informatique à Kyiv, a raconté avoir attendu pendant des heures dans le froid à l’extérieur pour prendre un train, simplement à cause de la couleur de sa peau.
Et les mauvais traitements ne se sont pas arrêtés à la frontière — il a encore subi des abus et de l’exploitation, des autorités profitant de la détresse des gens.

Lorsque ces appels à l’aide sur les réseaux sociaux ont été remarqués, de nombreuses personnes se sont mobilisées pour venir en aide aux plus vulnérables.
La Global Black Coalition, un collectif de militant·e·s, a aidé plus de 700 étudiants africains à fuir en offrant une aide juridique, en coordonnant des distributions de nourriture, en plaçant des personnes dans des refuges et en fournissant des couvertures, des vêtements chauds, des téléphones cellulaires et des ordinateurs.

Quelques membres de la Global Black Coalition se sont même envolés pour l’Europe afin de soutenir les réfugiés africains, de négocier avec des gouvernements de l’UE (comme la Pologne) une prolongation des visas d’étudiant et d’apporter un soutien moral.
John Adeyefa, président de l’ACAO, et Gwen Madiba, coordonnatrice des programmes de l’ACAO, étaient à Paris pour rencontrer quelques dizaines de familles fuyant l’Ukraine.

« Je crois que c’est la première fois dans l’histoire que des organismes dirigés par des personnes noires — des œuvres de bienfaisance, des OBNL, des organisations — unissent leurs forces sous un même toit, comme un seul peuple, pour soutenir les nôtres, pour leur faire savoir qu’ils ne sont pas seuls et qu’ils ont une famille, un réseau d’appui à travers le monde. Il est important d’avoir un mouvement qui comprend les besoins de notre peuple et qui parle la langue qu’il comprend, non seulement les dialectes, mais aussi l’expérience vécue. »

– Gwen Madiba, coordonnatrice des programmes, Association canadienne des Africains d’Ottawa (ACAO)

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